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Les Asters

Le nom d’aster est utilisé depuis l’époque de la Grèce antique et peut être traduit du grec par « étoile » ou bien « ressemblant à une étoile ».

Ce nom est tout à fait approprié car les plantes portant cet épithète céleste ont effectivement des fleurs en forme d’étoiles et les asters sont vraiment les « stars » des jardins à l’automne.

On comprend bien pourquoi les grecs et les romains considéraient l’aster comme sacré et inventèrent de merveilleuses légendes pour expliquer son origine.

Il y a une histoire qui raconte que les dieux quittèrent un monde malfaisant et qu’Astrée fut la dernière à partir et se retrouva parmi les étoiles de la constellation de la Vierge. On pensa alors que de la poussière d’étoiles était tombée sur la terre et que les premiers asters y poussèrent et se mirent à fleurir.

Une autre légende concerne Asteria qui, regardant la terre de sa demeure céleste, fut si triste de la voir dénudée sans une seule étoile, se mit à pleurer ! Ses larmes tombèrent sur la terre où des asters fleurirent.


Les asters, des stars pour le jardin
Les asters sont des plantes merveilleuses, mais encore faut-il connaître les différentes espèces et variétés pour en apprécier toutes les possibilités, afin de les utiliser au mieux dans nos jardins.
Les plus connus sont les Aster novi-belgii au feuillage brillant, glabre, et offrant la plus grande gamme de coloris de fleurs. Citons parmi les meilleurs 'Ada Ballard' (bleu), 'Climax' (bleu lavande), 'Crimson Brocade' (rouge rubis), 'Eventide' (bleu violet), 'Lassie (rosé), 'Marie Ballard (bleu ciel), 'Patricia Ballard' (rosé lilas), 'Fellowship' (rosé à très grandes fleurs doubles).
Les Aster novi-belgii sont certes sujets à l'oïdium, mais deux ou trois traitements préventifs avec un produit fongicide, entre juin et septembre, en viennent à bout (produit à base par exemple maintenant de myclobutanil, puisque la triforine n'est plus autorisée).
Ce sera surtout l'attention apportée au mode de culture qui induira de belles plantes : une bonne terre, un arrosage régulier, la division fréquente des touffes.

Des espèces faciles et sans histoire
Parmi les asters sans histoire, les Aster novae-angliae sont épatants : pratiquement jamais de maladies, sobres, se contentant d'une division tous les trois ou quatre ans (prélevez alors les pousses sur le pourtour, car le centre de la touffe devient terriblement dur avec les années).
Si leur hauteur impose un tuteurage, elle peut être réduite par un pincement de chaque tige fin mai ou tout début juin, en ne laissant que dix à quinze centimètres.
Parmi mes préférées : 'Harrington's Pink', 'September Ruby', 'Constance'. 'Andenken an Alma Pôtschke' a un nom aussi insolite que sa couleur : un rouge lumineux, flamboyant, à associer avec du blanc ou du gris, tant il a besoin d'être modéré.
Parmi les asters particulièrement recommandables pour leur bonne santé et la beauté de leurs toutes petites fleurs, ainsi que pour leur facilité de culture, plantez les Aster cordifolius dont Little Carlow', 'Idéal', exquis, 'Elegans', 'Silver Spray', 'Photograph'.
Tous ces asters mesurent entre un mètre et un mètre cinquante et sont à tuteurer discrètement.

Toujours parmi les asters à petites fleurs, les Aster ericoides sont aussi sans problèmes : taille modeste, donc nul besoin de tuteurage, pas de maladie, supportant un peu la sécheresse, ne demandant une division que tous les trois ou quatre ans.
Choisissez 'Blue Star', 'Brimstone', 'Cinderella', 'Lovely', 'Pink Cloud', 'White Heather', ou encore 'Yvette Richardson'.
Tout comme les A. novae-angliae, les A. cordifolius et les A. ericoides peuvent n'être divisés que tous les trois ou quatre ans.
L'Aster pringlei est d'une telle importance pour les jardiniers et les professionnels de l'horticulture, et si ressemblant par maints aspects à l'Aster ericoides, qu'il peut presque être rangé avec celui-ci. 'Monte Cassino' fait le bonheur des fleuristes pour son port incomparable et la légèreté qu'il confère aux bouquets. 'Pink Star' est aussi une grande vedette. 'Anja's Choice', 'Herfsweelde', 'Pearl Star', 'Ringdove' rivalisent de beauté.
L'Aster lateriflorus a donné de nombreux cultivars ayant les mêmes qualités que les éricoides : 'Datschi', 'Bleke Bet', 'Horizontalis', 'Lady in Black', 'Prince'. 'Coombe Fishacre' est probablement le résultat d'un croisement entre un Aster ericoides et un Aster novi-belgii, créé en 1920. C'est l'un de mes préférés pour ses pétales rosés, contrastant avec un cœur jaune, qui devient rapidement violine.
Tous ces asters font le spectacle de septembre à la mi-octobre.

Des stars aussi pour l'été

Mais les asters ne se contentent pas de faire "le baisser de rideau" du jardin à l'automne : certaines espèces nous gratifient de leur présence au printemps et en été. Aster alpinus et ses nombreux cultivars fleurissent en mai, ainsi que Aster tongolensis. Aster amellus, originaire d'Europe, garnit les massifs estivaux, ses cultivars ayant des couleurs très éclatantes, comme 'Sonora', 'Veilchenkônigin', 'Lac de Genève', "King George'.
Un croisement entre Aster amellus et Aster thompsonii a donné le célèbre Aster x frikartii 'Mônch', qui supporte bien les sols calcaires comme tous les amellus, en y incorporant du compost et de la corne broyée.
L'Aster divaricus n'a pas son pareil pour meubler le pied d'un arbuste à l'ombre ou pour retomber avec beaucoup de grâce au bord d'une allée. Dès juillet, une nuée de petites étoiles blanches déferle d'un feuillage brillant, toujours très net. Il est très frugal, et sobre comme un chameau. De plus, sa défloraison se fait en beauté.

Quelques conseils de culture
Si les Aster amellus supportent les sols calcaires, les A. novae-angliae et les A. novi-belgii préfèrent un sol frais plutôt acide. Un bon paillis, l'été, leur est toujours profitable. Les touffes devenues trop importantes sont à diviser de préférence au printemps : je trouve cette période plus propice que l'automne, les plates-bandes restant belles jusqu'à mi-novembre, même avec les fleurs fanées. Or après cette date, le froid et la pluie risquent de compromettre la reprise des éclats.

Pour la division des Asters novi-belgii, qui sont traçants, je sors entièrement tous les ans toute la touffe et ne garde que trois éclats avec dix centimètres de racines, que je repique verticalement à quinze centimètres les uns des autres en pied de marmite.
Terminons ces conseils en citant quelques plantes qui accompagnent bien les asters d'automne : Aconitum carmichaelli, Anémone du Japon, Eupatoire, Helianthus, Kalimeris, Rudbeckia, Sanguisorba canadensis, Leucanthemella serotina, Vernonia... et bien d'autres.


Pour en savoir plus:
Les curieux pourront compléter ces listes de plantes, abrégées pour ne pas devenir trop fastidieuses, étant donné le nombre très important des espèces et variétés d'asters, en lisant le livre de Paul Picton "The Gardener's Guide to growing Asters" chez David & Charles Brooks, en anglais "of course", ainsi qu'en allemand, "Astern" de Werner Schôlikopf, aux éditions Ulmer.

 

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